Phase 4: le Marquage
Le chien de recherche et de sauvetage doit indiquer clairement à son maître qu’il a découvert une victime en marquant l’endroit où la concentration d’odeur, l’indice odorant, émanant des décombres est la plus forte. En fonction de la manière dont le chien se comporte et donne l’alerte, le maître sait si la victime est morte ou vivante.
Dans la quatrième phase, le chien doit indiquer clairement à son conducteur qu'il a découvert une victime
Le marquage constitue évidemment une phase importante dans la recherche de victimes. Il arrive que des chiens qui marquent très bien pendant leur formation soient moins performants à ce niveau au cours d’une mission. Cela peut s’expliquer. En premier lieu, le maître se trouve dans une situation où le stress est bien plus intense, ce qui influence le chien, sans aucun doute. Ensuite, tous les chiens cherchent plus longtemps, plus fréquemment et dans des conditions moins favorables quand ils sont sur le terrain. La température, les précipitations et le vent influent sur la recherche et les marquages. Une poussière surabondante peut également jouer un rôle important.
Quand le chien découvre l'odeur d'un mort pour la première fois, cette dernière entraine souvent une sorte de confusion dans sa
réaction
Marquage de personnes décédées
Les morts ont une odeur différente de celle des vivants ; quand le chien découvre cette odeur pour la première fois, elle peut entraîner une certaine confusion dans son esprit. De nombreux chiens marquent les morts très différemment des vivants, de leur propre initiative. Par exemple, on peut voir des chiens intéressés sentir avec les oreilles repliées sur le cou, se tenant rigides, mais parfois aussi couchés ou assis, tout comme ils marquent un objet lors du pistage. Normalement, ils n’aboient plus. On peut les voir s’approcher avec hésitation et renifler à nouveau ces emplacements particuliers.
Le chien marque l'endroit ou la concentration d'effluves humaines provenant des décombres est la plus forte
Contrôle d’un marquage
Un chien qui marque l’indice odorant d’une victime doit être récompensé ; ensuite, le maître l’éloigne du site. Un deuxième chien explore alors la même zone pour confirmer le site indiqué par le premier chien, avant que des secouristes ne se mettent au travail. Le maître du deuxième chien ne peut pas savoir où le premier chien a marqué, car sinon il pourrait influencer son chien. Il doit démarrer la recherche au moins à dix ou vingt mètres de l’odeur. Si le deuxième chien marque le même endroit, le creusement peut commencer immédiatement.
Tout en progressant prudemment, le
conducteur doit évaluer en permanence le comportement de son chien
Le contrôle d’un marquage est fondamental. Il arrivait souvent par le passé que des secouristes se mettent à creuser à un endroit où il n’y avait pas de victime, perdant ainsi beaucoup de temps
et d’énergie. Le chien avait marqué uniquement pour satisfaire son maître. Peut-être qu’il avait trop cherché sans succès, peut-être son maître lui imposait-il une pression trop forte, sans s’en
rendre compte. Voilà pourquoi il faut toujours faire contrôler un marquage par un deuxième chien, si possible, avant de signaler la découverte aux ouvriers-sauveteurs. Le temps passé à ce
contrôle est compensé par le temps perdu à creuser pour rien. De plus, les ouvriers-sauveteurs se mettraient sûrement à douter du professionnalisme du maître et de son chien. Et ils auraient bien
raison, sachant l’énorme quantité de travail que représente presque toujours un sauvetage. Il est très difficile pour un maître-chien de recherche et de sauvetage de prendre la décision de
demander à des ouvriers de creuser à un endroit précis.
Les chiens marquent les victimes
décédées très différemment des vivantes
Marquages pour montrer la direction
Pendant le creusement, le chien peut rester à proximité tout en continuant son travail de recherche. De temps en temps, il faut arrêter de creuser pour lui permettre d’indiquer dans quelle direction les ouvriers doivent continuer leur travail. De grandes dalles de béton, d’autres obstacles, la température, le vent, etc. empêchent l’odeur de remonter verticalement ; elle peut circuler partout dans les décombres. Dès lors, le chien de recherche et de sauvetage doit continuer à indiquer la direction pendant que l’on creuse le trou.
Nouveau contrôle
Après le sauvetage, le chien doit retourner explorer le même site, au cas où d’autres victimes seraient ensevelies au même endroit ou à proximité.
Question à Ruud Haak
Qui doit signaler le marquage d’un chien de recherche et de sauvetage ?
Un marquage se définit comme la méthode utilisée par le chien pour indiquer clairement à son maître qu’il a découvert une personne ensevelie pendant une recherche. En voyant un chien marquer dans les décombres, on peut toujours observer un comportement caractéristique ; dès lors, chaque maître doit connaître les signes de marquage de son chien. Pour étendre ce principe, pendant le dressage, seul le maître dit à l’instructeur où se trouve l’odeur, car c’est la personne la mieux à même d’interpréter le marquage de son chien. Le chien de recherche peut marquer de manière différente pendant une mission, selon la durée et le degré de difficulté de la recherche, sans oublier les marquages différents selon que la victime est morte ou vivante. La responsabilité qui incombe au maître, qui doit décider de la présence d’une personne morte ou vivante, est énorme. Le dressage n’est pas chose facile. Une décision positive ou négative peut représenter une lourde responsabilité pour le maître, à la fois pendant le dressage ou au cours d’une opération de sauvetage.



La troisième phase consiste à explorer les alentours ou l'intérieur des batiments détériorés
Pour le chien de recherche et sauvetage, c'est la phase de la recherche fine
Dans la phase de recherche fine, le conducteur travaille méthodiquement et laisse son chien parcourir les différentes zones plus lentement, en cherchant de manière plus
intense.
Le conducteur doit connaitre les voies de secours et les cachettes, à l'intérieur et à l'extérieur des batiments, en cas de réplique du tremblement de terre.
