La Méthode des 5 Phases
Phase 5: le Sauvetage
Les conducteurs cynotechniques de recherche et de sauvetage doivent connaître les possibilités et les dangers du sauvetage. Après qu’un marquage a été contrôlé, le creusement peut
commencer. Si aucun ouvrier-sauveteur expérimenté n’est présent, le conducteur doit être capable de donner des instructions précises à un groupe de personnes non formées.
La cinquiène phase correspond au dégagement des victimes
Dès que vous êtes certain de la localisation d’une victime, les personnels de sauvetage-déblaiement peuvent commencer à creuser. Le but ultime de la mission, après tout, est la localisation et le
sauvetage de survivants. Il faut que le plus possible de sauveteurs soient mis au travail afin de réduire le temps nécessaire au dégagement des survivants. Toutefois, avant de procéder au
creusement, mieux vaut étudier le meilleur moyen de parvenir jusqu’à la victime. Le chapitre « Éléments de dommages » énumère les différentes possibilités de sauvetage en fonction des
divers types de dommages. Il peut s’agir de :
• Dégager les gravats empilés sur la victime.
• Créer une ouverture à travers des bâtiments ou des pièces voisins (casser un mur).
• Créer un passage vers la victime à travers les décombres (puit, tranchée, tunnel horizontal, etc.).
Les décombres dégagés doivent être emportés vers un site assez éloigné du lieu des travaux pour qu’ils ne forment pas un obstacle ou un danger dans la poursuite du sauvetage. Mais d’abord, les
chiens de recherche et de sauvetage doivent explorer le lieu d’évacuation de ces décombres !
A ce stade, le chien ayant marqué, le dégagement des victimes encore vivantes devient la priorité
Dangers et sécurité
Un tas de décombres peut toujours s’effondrer. C’est pourquoi il faut toujours étayer les décombres et les matériaux de construction dangereux ; on peut pénétrer plus profondément dans les
tas de décombres par des espaces vides. Mieux vaut éviter les déplacements inutiles de débris car cela pourrait provoquer la chute de mortier, de dalles, de blocs de ciment et de poussière, ce
qui risque d’étouffer les personnes ensevelies.
Les aides actifs dans les décombres peuvent toujours être sécurisés par une ceinture fixée à la poitrine et reliée à une longue corde attachée à l’extérieur. Le travail de sauvetage exige
d’intenses efforts physiques. Il faut donc veiller à remplacer les ouvriers régulièrement.
Pendant le creusement, le chien de recherche et de sauvetage reste à proximité pour montrer la direction de la victime. Tenez toujours compte du vent qui pénètre dans les décombres et profitez de
la capacité du chien à suivre le cône d’odeur de la victime.
Obtenir une aide médicale sur les décombres aussi vite que possible est une urgence
Secourisme
Lorsque l’on découvre une personne vivante, il faut commencer par libérer la tête et la poitrine aussi vite que possible et nettoyer la poussière autour et dans les voies respiratoires. En cas
d’arrêt cardiaque et respiratoire, la réanimation cardio-respiratoire (RCR) doit intervenir immédiatement, sur place. N’attendez pas de libérer complètement la victime, démarrez directement la
réanimation. Les blessés doivent être secourus immédiatement.
Dès que le corps est libéré, tout le nécessaire doit être fait pour transporter la victime vers un hôpital ou un hôpital de campagne.
Gardez toujours à l’esprit que la combinaison du choc et de l’hypothermie représente l’un des dangers les plus graves. Beaucoup de victimes meurent quand les deux se rencontrent. Il s’agit donc
d’y remédier immédiatement par de la chaleur extérieure et intérieure (elle ne doit pas être brûlante !), du repos et du réconfort. Dans tous ces cas, essayez d’obtenir aussi vite que
possible une aide médicale sur les décombres.
Le plus rapidement possible, un nombre maximum de sauveteurs déblayeurs est mis au travail afin de réduire le temps nécessaire à
l'accès aux victimes
Conclusion
Après l’achèvement de l’opération de recherche, la zone explorée doit être délimitée par de la craie ou un colorant lumineux apposés de manière très visible. Ces marquages préétablis donnent des
informations sur le nombre de survivants sauvés et de morts, l’unité ayant procédé à la mission, la date et l’heure.
Le directeur des opérations doit toujours fournir le détail des résultats de la recherche et du sauvetage au centre de commandement et signer un registre, avant de passer à une autre mission ou
de rentrer à la maison.
Question à Ruud Haak
Devons-nous dire au survivant, pendant le sauvetage, qu’il est en sécurité ?
Une fois que le contact avec le survivant enseveli a été établi, il ne peut plus être rompu jusqu’à ce que la victime ait été libérée. Pour les victimes, l’aspect suivant est très
important : à cause de la pression physique et/ou psychique, le corps humain subit un stress extrême. L’instinct de conservation et la volonté de survie de la victime provoquent ce que l’on
appelle une « réaction d’adaptation à l’urgence ». Le corps humain concentre toute son énergie sur la survie. Cela peut durer jusqu’au sauvetage de la victime, qui peut mourir
précisément à ce moment. C’est ce que l’on nomme « la mort du sauvetage ». Le bonheur du sauvetage peut entraîner la disparition de la volonté et des réactions de survie chez la
victime, ce qui provoque sa mort. Voilà pourquoi il ne faut jamais dire à une victime qu’elle est sauvée pendant ou après le sauvetage. Elle doit continuer à investir toute son énergie dans sa
survie et les sauveteurs doivent continuer à le lui dire jusqu’à ce qu’elle soit sous contrôle médical !
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Jeudi 28 février 2008
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