Une édition de plus de La Grande Odyssée vient de se terminer...la 7ème déjà...dans des conditions qui ne furent pas optimales coté climatologie c'est clair. Il a fallu s'adapter au jour le jour,
modifier les tracés (pas facile losque ceux-ci ont été vus et revus durant un an), adapter au mieux les horaires de course (là encore très difficile lorsqu'une grande partie des pistes emprunte
ou traverse des pistes de ski de descente ouvertes au public), et faire face à de nombreux impondérables. Au rang de ceux ci l'étape Praz sur Arly - Les Saisies restera dans les annales: 3
mushers parviennent à suivre la piste, 8 coupent une boucle de 11 kilomètres, et le reste du pack, malgré l'avertissement de l'un des concurrents, décide de prendre une mauvaise piste et
s'égare...Difficile dés lors de gérer une telle situation pour le directeur de course que je suis. La morale sportive me conduit à proposer que les temps des 3 attelages ayant effectué la
totalité de l'épreuve soient pris en compte, et que tous les autres soient gratifiés du temps du plus lent assorti d'une pénalité...Mais certains mushers ne l'entendent pas de cette oreille et
deviennent menaçants. Réunion du comité de course et des concurrents, puis décision d'annulation du chrono de cette étape (au demeurant superbe, bien dommage!). Un concurrent finlandais de haute
volée intellectuelle qui me colle une tarte sans prévenir (il sera disqualifié pour ce geste remarquable), un suisse vainqueur l'an dernier qui sent déjà la victoire lui échapper et décide
d'abandonner...ce qui aura pour effet de redonner le moral à tout le monde et de ramener la bonne humeur dans le groupe! Une bonne leçon humaine qui démontre si besoin est qu'en ne cédant pas aux
caprices de pseudo-stars celles ci retombent vite dans l'anonymat et dévoilent au yeux de tous ce qu'elles sont réellement...Le sport de traineau n'est pas la Formule 1, et c'est bien ainsi !
Quoiqu'il en soit ce non évènement, bien que difficile à vivre en interne, aura eu des effets très bénéfiques sur la course, en me permettant en particulier d'avoir une meilleure visibilité sur
les pistes, ce dont a résulté un effgort certain sur le balisage. Celui-ci n'était pas mauvais, loin s'en faut...mais certains mushers disposant d'attelages très rapides, on peut imaginer que
cette vitesse naturelle a une montée de 10 km à 10p100 les a conduit à manquer d'oxygène au moment ou ils se devaient d'etre particulièrement attentifs au tracé.
La suite de la course fut simplement très bonne, avec des adaptations certes liées au mauvais enneigement en dessous de 1500 mètres, ou la décision de raccourcir de 40 km la première étape du
Mont Cenis (température ambiante à 6 degrés).
Dernier fait de course qu'à titre personnel je sentais venir: l'abandon du leader Radek à moins de 15 km de l'arrivée finale...Radek, Milos et Martin (le podium a ce moment là) ont maintenu une
cadence des plus rapide qui ne pouvait conduire qu'à la démotivation des chiens. Radek en a fait les frais le premier, mais avec un ou deux jours de course en plus je pense qu'ils auraient été
trois à vivre cette mésaventure. Dommage, car notre tchèque favori est un homme bien, un excellent musher qui ne méritait pas cela et est sorti de lui meme de la course avec grande classe et
grand respect pour ses chiens! Chapeau bas Monsieur Radek Harvda, certain suisse que je ne souhaite plus connaitre pourrait prendre exemple en acceptant sportivement la défaite plutot que de se
retirer lorsqu'elle pointe à l'horizon !
Cet abandon permet à notre Jean Philippe Pontier national de gravir la troisème marche du podium...une première pour un français, qui récompense une grande régularité et un remarquable travail au
niveau de l'attelage. Avec les distances "normales", nul doute que Jean Philippe pouvait prétrendre à mieux. Et ce sera sans nul doute le cas l'an prochain.
Un grand merci au passage à Jean Jacques, Malik, Delphine, Laure, Barbara et José, un team véto soutenu par mes amis de Merial qui aura fait du très bon travail 24/24 au service des chiens.
Et puis un grand merci à tout le monde...la Grande Odyssée est une famille, avec ses équipes d'organisation et ses mushers...avec ses chiens hors du commun...une bise à Jo Are, qui a pleuré de la
beauté du Petit Mont Cenis la nuit sous la pleine lune...et à Pierre Antoine, qui s'est autorisé à faire 2 fois cette boucle de 40 km pour son plaisir et celui de ses chiens !
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Par DOMINIQUE
Samedi 22 janvier 2011
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